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L'atmosphere de Venus

L'etat atmospherique actuel de Venus est l'aboutissement logique de l'assechement global de cette planete, voici 3,3 milliards d'annees.


Vénus est enveloppée complètement et en permanence d'une épaisse atmosphère nuageuse, à base de gaz carbonique (96,5 %), d'azote (3,5 %) ainsi que du néon et isotopes d'argon. Les nuages s'étendent entre 50 et 70 km d'altitude et se répartissent couches qui diffèrent par la concentration et la dimension des aérosols qu'elles renferment. Cette atmosphère est si épaisse que, vue depuis la Terre, Vénus est complètement recouverte de nuages d'un blanc très réfléchissant, qui ne comportent aucun détail visible. 5 % seulement de la lumière solaire atteint le sol, un observateur qui se trouverait sur le sol de Vénus aurait l'impression d'une luminosité équivalant à celle que l'on perçoit sur la Terre sous les nuages d'un gros orage.

En revanche, dans les longueurs d'onde de l'ultraviolet, des images prises depuis la Terre permettent de distinguer certains détails: ainsi, Charles Boyer a pu découvrir, en 1961, que l'atmosphère de Vénus tourne autour de son globe approximativement en 4 jours terrestres, et cela indépendamment de la rotation en 243 jours terrestres de Vénus sur elle-même.  Les deux rotations ont lieu dans le sens rétrograde. L’origine de cette superrotation doit être probablement recherchée dans l’importante masse de l’atmosphère, couplée par frottement à la planète solide et au champ gravitationnel solaire. Ces phénomènes sont encore mal compris.

Les missions planétaires  ont indiqué, grâce à des mesures in situ (dont celles qui ont été effectuées par les deux ballons français des deux missions Vega), quelle pouvait être la structure de l'atmosphère vénusienne. À partir de la surface, celle-ci s'étage en quatre couches principales. Ces quatre couches sont très stratifiées et semblent se comporter comme des volumes bien distincts les uns des autres.

L'atmosphère vénusienne est un environnement très complexe, comportant de violentes instabilités. Les deux ballons français des missions Vega 1 et 2 en juin 1985, qui planaient à 54 km d'altitude, ont ainsi découvert de grandes régions de turbulences qui s'étendent sur des milliers de kilomètres, avec des vents verticaux atteignant des vitesses dix fois supérieures à ce que l'on avait pu prévoir. On notera que ces deux ballons ont permis de démontrer l'existence, comme dans l'atmosphère terrestre, de masses d'air (c'est-à-dire des zones où le rapport entre température et pression reste constant pendant une durée de quelques jours). Des cellules de convection assurent le transfert vers les pôles de la chaleur reçue du Soleil à l'équateur. Mais cette circulation nord-sud, assez lente (25 km/h), est éclipsée par la rapide rotation est-ouest de la couverture nuageuse (400 km/h à l'équateur, au sommet des nuages). Les régions polaires correspondent à des zones tourbillonnaires où le plafond des nuages s'abaisse d'environ 15 km.

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Image de Vénus prise par Galiléo à  2.7 million km.


La couche supérieure est constituée principalement de gouttelettes d'acide sulfurique en solution aqueuse (0,4% d'eau ombinée à des traces de bioxyde de soufre et produit des gouttes d'acide sulfurique, qui donnent aux nuages sa teinte jaunâtre très caractéristique de Venus). Dans les couches inférieures, ces gouttelettes donnent des précipitations d'acide sulfurique qui s'évaporent bien avant d'atteindre la surface, formant une région de brume sulfurique, sous les nuages.


Le déclenchement de l’effet de serre pourrait être dû à une période d’activité tectonique et volcanique intense durant le premier milliard d’années d’existence de la planète. Une quantité d’eau équivalant à celle qui est contenue dans les océans terrestres se serait évaporée dans l’atmosphère, augmentant la température et provoquant le dégazage du dioxyde de carbone. L’effet de serre se serait progressivement amplifié. L’eau aurait ensuite été perdue par photodissociation et échappement gravitationnel de l’hydrogène. Ce puissant effet de serre explique l'intense chaleur qui règne au sol. L’atmosphère fait écran au rayonnement thermique infrarouge du sol. La pression élevée (une centaine de fois celle de la Terre) est due au dégazage intense de la roche à haute température.

Commentaires

Gravatar Image1 - je regarderai les étoiles d'une autre façon après cette belle leçon, tant de beauté pour un paramètre aussi austère!! mais rien ne m'enlèvera le plaisir de regarder un ciel étoilé qu'il soit d'été ou d'hiver!!!! et je prend plaisir à lire votre savoir....

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