La Terre peut-t'elle endommager 2004 MN4 ?
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L'astronome David Tholen l'a pointe le 19 juin 2004 a l'aide du telescope Bok de l'universite d'Arizona : c'etait un nouvel asteroide geo-croiseur, une classe d'objet asteroide fugitif dont l'orbite les amene a croiser celle de la Terre.
L'astronome David Tholen l'a pointé le 19 juin 2004 à l'aide du télescope Bok de l'université d'Arizona : c'était un nouvel astéroïde géo-croiseur, une classe d'objet astéroïde fugitif dont l'orbite les amène à croiser celle de la Terre. L'équipe de Tholen a renouvelé l'observation et photographié l'objet les trois nuits suivantes. Des orages et des cieux couverts ont empêché les observations suivantes. Les données ont été envoyées au centre des planètes mineures de Cambridge Massachuset.
L'objet de Tholen a été pointé de nouveau six mois plus tard en Australie en tant qu'astéroïde 2004 MN4. Cinq jours d'observations ont permis aux astronomes d'affiner leurs calculs.
Au mois de décembre 2004, l'axtéroïde 2004 MN4 a été considéré pendant quelques jours comme la menace de collision la plus sérieuse avec la terre. Les astronomes donnaient, sur la base des données orbitales connues à cette date, 1 chance sur 37 pour l'astéroïde entre en collision avec notre planète le 13 avril 2029. Le repérage de 2004 MN4 sur des clichés plus anciens a permis ensuite aux astronomes d'étudier un arc orbital plus grand afin d'affiner la prévision de trajectoire et d'infirmer tout risque de collision en établissant la distance de passage du gros rocher à une distance d'environ 64 400 km de la Terre.
Des mesures radar encore plus récentes suggèrent que 2004 MN4 nous croisera à la moité de cette distance. L'objet passera si près de nous que la gravité de notre planète pourrait le disloquer.
Une équipe dirigée par Lance Benner du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena a utilisé le radio télescope d'Aricebo entre le 27 et le 30 janvier dernier pour suivre l'astéroïde. Les radio-astronomes ont pu obtenir des informations précises sur la position et la vitesse de 2004 MN4 leur permettant de prévoir la trajectoire de l'astéroïde avec une grande précision pour les 24 années à venir.
Les résultats du calcul de la nouvelle orbite indiquent que l'astéroïde devrait éviter la terre de 35 400 kilomètres, l'amenant à passer juste en deça de la ceinture des sattellites géostationnaires. Cette modification de la distance de la rencontre n'est pas surprenante : les astronomes recalculent en permanence les trajectoires orbitales des comètes et des astéroïdes et des modifications sont toujours probables.
Dans le cas de 2004 MN4 les modifications sont cependant plus importantes que la marge d'erreur calculée pour les analyses de décembre. Dit d'une autre façon, la zone que traversera 2004 MN4 est en dehors du secteur initialement prévu pour le croisement du 13 avril 2029.
Le risque de collision avec la Terre reste cependant toujours dans le domaine de l'improbable. Les scientifiques accordent une grande importance à leurs estimations d'erreurs. Clark Chapman, du SWRI, un des plus éminents chercheurs d'astéroïdes, note que celui qui joue avec la faible probabilité d'événements à haut risque, comme des crash aériens, met peu de foi dans les estimations d'erreur. Il suggère peut-être qu'il s'agit d'une leçon que la communauté des chasseurs d'astéroïdes devrait méditer.
Il faut cependant, dans le calcul du risque, prendre en compte une autre donnée. Selon Dan Durda, un autre astronome du SWRI, 2004 MN4 ressemble à un tas de gravas, un astéroïde constitué de matériaux qui ne sont cimentés que par la force de gravité. L'astéroïde devant passer à seulement 2 fois et demi le diamètre de la Terre, les forces de marée pourraient très bien le disloquer. Il en résulterait une chaîne de rochers se séparant de plus en plus avec le temps. Une ou plusieurs de ces pierres pourrait très bien se trouver sur la trajectoire de la Terre dans un avenir plus lointain et créer de spectaculaires boules de feu lors de leur entrée dans l'atmosphère.
Alors qu'il est pratiquement certain que 2004 MN4 ne heurtera pas la terre en 2029, les astronomes, si l'astéroïde survit à son passage, sont incapables d'écarter la possibilité d'une autre collision dans las années 2030. En conséquence, 2004 MN4 reste classifié au niveau 1 sur l'échelle de Torino, une classification des risques d'impact des géocroiseurs avec la Terre.
Clark Chapman affirme que les dernières semaines ont été "éducatives pour la communauté des chercheurs de géocroiseurs", et il considère 2004 MN4 comme "l'événement le plus important depuis de nombreuses décennies".
A vos agendas donc, le vendredi 23 avril 2029 2004 MN4 aura, sous les ciels obscurs d'Europe, l'apparence d'une étoile de troisième magnitude. L'astéroïde devrait traverser un quart du ciel nocturne en une heure. Et, qui sait, nous assisterons peut être à la mort en direct d'un astéroïde...
Et si 2004 MN4 survit ?
La plupart des objets géo-croiseurs sont des astéroïdes, objets rocheux métalliques qui voyagent autour du soleil en suivant des orbites excentriques croisant celle de la Terre de temps à autre. Les autres objets sont des comètes, d'anciens agglomérats de poussière, de roche et de glace en provenance des confins du système solaire.
"La bonne nouvelle," selon Donald K. Yeomans, responsable du Near-Earth Object Program de la NASA au Jet Propulsion Laboratory, "est que les comètes représentent 1% du risque. La mauvaise nouvelle est que lorsque nous en découvrons une, nous ne pouvons plus faire grand chose... Nous ne les détectons qu'à neuf mois de l'impact."
Les astéroïdes, à l'inverse, offrent des décennies ou des siècles afin de se préparer à un impact et de déclencher des alertes. Sauf si bien sûr les objets sont trop petits, auquel cas il n'y a pas d'alerte car nous ne sommes pas capable de les détecter. Les technologies actuelles permettent aux astronomes de détecter des astéroïdes capables de causer une extinction d'espèces massives.
2004 MN4 est un risque local, capable de détruire une zone grande comme le Texas ou quelques pays Européens avec un impact équivalent à 10 000 megatonnes de dynamite, soit plus puissant que la totalité de l'arsenal nucléaire disponible sur Terre. Le passage de 2029 ne sera pas une collision. Ce n'est cependant pas le dernier mot de 2004 MN4.
Brian Marsden, directeur du centre de recherche des planètes mineures du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics l'annonce clairement : "Vous ne savez pas ce que seront les effets gravitationnels de la Terre en 2029. Le passage de 2029, " s'il laisse le géocroiseur intact, "va accroître la taille de l'orbite et l'objet pourrait entrer en résonance avec la Terre. Nous pourrions avoir un cycle orbital de cinq à neuf ans, ou entre ces valeurs". Ceci amènerait l'astéroide à s'approcher à nouveau de la Terre en 2034, 2035, 2036, 2037, 2038 ou plus tard.
LIENS
[Classification des risques actuels de géocroiseurs sur la page Near Earth Object Program de la NASA]
[Effets d'un impact de type 2004 MN4 sur Terre]
[Peut-on dévier un astéroïde ?]
bonjour. pour l annee 2014 vous dites quoi risque pas risque est il possible que des politiques ou industriels ayants des doutes sur une collisoin en profite pour polluer plus s enrichir plus tant qu a faire voila donc question ( cela expliquerait cela)....
Risque pas risque : on verra quand on y sera...
Côté pollution ou profit de la situation, par contre, je pense que le monde économique ne lève malheureusement plus beaucoup les yeux vers le ciel, bien trop préoccupé à s'enrichir sur du court terme. Dommage, il pourrait y prendre un peu d'humilité.
Bon, il se trouvera obligatoirement quelques spéculateurs pour profiter de ce genre d'événement. Il suffit de se remémorer le passage à l'an 2000...
La planète, avec ou sans collision, est malheureusement assez mal barrée, c'est plutôt les enjeux énergétiques du 21eme siècle et la course à la croissance qui semblent en être la cause...